Espace, Identités, Frontières

L'espace est, depuis longtemps, un thème de recherche essentiel pour l'EA 3400. Nous souhaitons maintenir cette problématique. En la renforçant d'un côté d'une réflexion sur les frontières : ce qui nous intéresse, c'est la linéarité ou l'épaisseur des frontières, c'est aussi leur diversité, c'est enfin la manière dont elles sont autant des voies de passage que des instruments de séparation.

La question des frontières se pose avec une force particulière pour une unité de recherche basée en Alsace, dans une région qui depuis le XVIIe siècle paie au prix fort sa marginalité. Cette question sera au centre de plusieurs travaux, qui mettra l'accent sur la perception et les usages des frontières, linéaires ou zonales, qui sont les voies d'accès à ces régions). Revendiquée longtemps par l'Allemagne autant que par la France, l'Alsace a nourri une sensibilité particulière aux minorités et aux difficultés avec lesquelles celles-ci sont confrontées, ce qui a souvent un lien avec les questions de frontière : minorités religieuses et confessionnelles, minorités dans la guerre.

D'un point de vue économique, les régions frontalières connaissent également des spécificités, parce qu'elles sont à la fois bornées et en même temps ouvertes à d'autres circuits, à d'autres influences. Les frontières sont donc pour elles à la fois un facteur de risque et un facteur de dynamisme.

Quel que soit son intérêt, la question des frontières n'épuise pas la problématique liée à l'espace. D'autres phénomènes peuvent être étudiés, comme la question des lieux de savoir à Strasbourg au XVIIIe siècle.

Enfin le thème du voyage, déjà exploré par notre équipe de recherche, fera l'objet de nombreux travaux : le voyage et l'évolution du regard sur soi-même, les voyages et expéditions scientifiques français, les croisières.

Le voisinage de la France et de l'Allemagne n'a cependant pas produit que des effets négatifs et militaires. Il a aussi permis, et cela entre pleinement dans notre perspective d'étude des frontières, des échanges d'influences. Cela se voit dans le cadre architectural à Strasbourg, où les études sur les quartiers dits « allemands » montrent, au-delà des ruptures que l'on souligne habituellement (1870 et 1918 essentiellement), de nombreuses continuités dans le traitement de l'urbanisme  . L'espace bâti, et plus précisément la morphologie urbaine, fera également l'objet d'un corpus de documents théoriques.