Mylène Mistre-Schaal

Doctorante en Histoire de l’art
mylene.mistre-schaal@etu.unistra.fr

Parcours universitaire

Juin 2012 : Licence en Histoire de l’Art, Université de Strasbourg
Juin 2014 : Master Recherche "Histoire de l’art et de l’architecture", Université de Strasbourg

 

 

Champs de recherche

Représentations du corps, expression, caricature.

"Sensory studies", histoire et représentation des sens et de leurs manifestations corporelles et émotionnelles.

Odeurs, parfums et odorat,

Thèse en cours

Titre

Les odeurs et l’odorat au siècle des Lumières

Directeur

Martial Guédron

Résumé

L’histoire de l’art peut-elle s’attacher à la représentation d’objets et de phénomènes en principe peu visibles ? Nous abordons cette question au travers des objets odorants et des manifestations de l’odorat. Par quels moyens les arts figurés ont-ils tenté de représenter les odeurs et l’odorat, par essence invisibles et donc difficilement saisissables ? Peut-on repérer une iconographie proprement olfactive ? Notre attention se portera vers ce qui provoque la sensation mais aussi vers ce qui la détermine. Ainsi, l’analyse des objets et attributs potentiellement odorants, y compris le corps, de même que les manifestations de la perception, de la réflexion et de l’expression émotionnelle permettra d’esquisser une iconographie des odeurs et de l’odorat.

La période retenue pour cette analyse est située entre l’époque classique et la fin des Lumières, une époque de l’art européen qui accorde une place inédite aux sens dans la façon de comprendre et de représenter le monde. Au cours du XVIIIe siècle, le sensualisme se construit en Angleterre puis en France prônant la sensation comme seule et unique origine de la connaissance. Parallèlement, le XVIIIe siècle est déterminant en ce qui concerne l’avènement, ou plutôt le renouvellement de la parfumerie, déjà amorcé au XVIIe siècle. Dans ce contexte, la place de l’odorat va progressivement changer dans la hiérarchie des sens, si bien que les historiens des sensibilités ont souvent considéré cette période comme le théâtre d’une « révolution olfactive ».

Paradoxalement, au cours de cette période de fluctuation, l’odorat semble peu valorisé dans les arts figurés et dans la réflexion esthétique, réservés à la vue et à l’ouïe. Un des enjeux de cette recherche sera de constituer un corpus et d’évaluer si celui-ci corrobore ou contredit cette tendance. De fait, existe-t-il des champs de la représentation picturale qui permettent de transposer les odeurs d’une manière plus explicite ou efficace que d’autres ?

Abstract

Fragrances and perfumes are volatile and the behavioural manifestations of olfaction are generally discrete or invisible. Thus, the sense of smell cannot be easily depicted graphically. In paintings or engravings, olfactory signs are made patent through source objects or diffuser, and receiver. What types of odorant clues or signs do betray the presence of smells? Can we argue for the elaboration of an olfactory iconography? In general, artefacts, vegetal or animal entities, and particularly the human body are the places through which odours are made legible. Relations of such source objects with the receiver’s postures, facial expressions, gestures are the main clues for one who searches manifestations of odours.

During the period ranging from the Classical period to the end of the 18th Century Enlightenment, the human senses gained an unprecedented status. Specifically, theories based on empiricism began to spring up across England and France, advocating sensations as the primary source of knowledge. In this context, it is assumed that the place of smells in the traditional hierarchy of senses will gradually change, and that related pictorial representations will change accordingly in both content and frequency.

It may appear as a paradox that, during this period of fluctuating mentalities, the sense of smell has been so little considered in figurative artworks or aesthetics theories. Such fields were indeed primarily reserved for sight and hearing which were placed at the apex of the hierarchy of the senses. Thus, the key challenge in the present research project will be first to constitute an extensive corpus in all kinds of pictorial representations. In-depth analyses of these representations will then confirm or not whether visual clues of smells are becoming more frequent and/or more explicit?

Enseignement

2016 - 2017 : Chargée de cours à l'Université populaire

Publications

Ouvrages collectifs

Avec Temenuzhka DIMOVA, sous la direction de Martial GUÉDRON, L’Emprise des Sens, Paris, Editions Hazan, 2016.

Articles

Avec Benoist SCHAAL, « Le flair en images, ou comment est donnée à voir la communication olfactive », Hermès, 74, 2016/1, p. 145-157.

«Odorat et émotion. Expression affective et introspection dans les arts figurés», Strathèse, 4, 2016, Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg [en ligne].

« Sniffing: The Figuration of Olfactory Attraction in Eighteenth Century European Art», De Achttiende Eeuw, à paraître en 2017.

Communications (non publiées)

« Smelling the Other: Attraction and Repulsion in 18th-Century Art ». Communication au Colloque International « Flavours of the Eighteenth Century », Annual conference of the Dutch-Belgian Society for 18th century studies, Bruxelles, 10-11 mars 2016.

« Pictorial Perfume: Making the invisible sensible, the case of Mary Magdalene in 16th Century devotional portraits ». Communication (poster) au Colloque International The Senses and Visual Culture from Antiquity to Renaissance, Université de Bristol (Bristol, UK, 8-9 juin 2015).
https://sensesandvisualculture.wordpress.com/programme/